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Du quinquina à la quinine : le traitement du paludisme

La phytothérapie est principalement utile dans la prévention et que son efficacité dépend de la concentration en principe actif. Cependant elle peut aussi se révéler très efficace dans le traitement de graves maladies, lorsqu’elle est associée à la médecine traditionnelle. Le traitement du paludisme grâce à la quinine en est un exemple.

 

 

Après le pouvoir antiseptique, nous avons fait le choix de démontrer le pouvoir de guérison des plantes sur une maladie grave : le paludisme. La plante étudiée est la quinine.

Du quinquina à la quinine :

Le quinquina Cinchona officinalis , est un arbuste qui conserve son feuillage vert toute l’année . Il appartient à la famille des Rubiacées et est originaire d’Amérique du sud. Son écorce contient différents alcaloïdes, dont la quinine qui a des propriétés médicinales importantes.

 



La quinine est une molécule classée thérapeutiquement comme antipaludique naturelle, elle est utilisée pour le traitement préventif ou curatif de cette maladie. Elle permet également de lutter contre les crampes musculaires, d’augmenter le débit sanguin, et de tuer le parasite à l’origine du paludisme nommé malaria, en agissant directement sur son génome.

Comme tout traitement, elle a cependant quelques effets secondaires comme la provocation d’allergies cutanées, de troubles auditifs, de vertiges, ou encore d’hypoglycémie. A très fortes doses, cette plante peut même provoquer, des troubles cardiovasculaires, respiratoires, de la vue, de l’audition, ainsi que chez les femmes enceintes, la mort du fœtus.



Formule brute : C20H24N2O2 

Formule topologique :  


Qu’est ce que le paludisme ?


Le paludisme est une très ancienne maladie et c’est également la plus rependue dans le monde. On compte plus d’un million de décès par an (principalement des jeunes enfants), donc 90% sur le continent africain. Cette maladie est due à un parasite véhiculé par des moustiques, affectant non seulement des personnes mais également le développement économique des pays les plus touchés qui sont toujours des pays en voie de développement. C’est donc une maladie à la fois due à la pauvreté et provoquant la pauvreté. Elle a un impact aussi important que le Sida ou encore la Tuberculose.

  

 Parasite protozoaire responsable du paludisme


 

Ce parasite est du a un protozoaire et est transmis à l’homme par la piqûre de moustique du genre Anophèle.

 


Il y a deux phases dans le cycle du paludisme :


  • La phase moustique : Le moustique ingère du sang contaminé par les gamètes du parasite. Les gamètes fusionnent, donnant naissance à des quantités de parasites qui migrent dans les glandes salivaires

  • La phase humaine : L’homme est contaminé par la piqûre. Le parasite migre dans le foie et y produit des gamètes. Ces derniers migrent dans les globules rouges où ils sont absorbés par un nouveau moustique.


3) Le traitement


La quinine est utilisée pour le traitement du paludisme. L'agent responsable de cette maladie est un protozoaire, organisme unicellulaire qui a besoin des deux hôtes (moustique et homme) pour se reproduire. Il se nourrit chez l'homme d'hémoglobine qu'il digère à l'aide d'une enzyme. La quinine inhibe cette enzyme et bloque le cycle de reproduction du protozoaire. La quinine est le principal principe actif du Quinquina, elle a été découverte en 1820, par deux pharmaciens parisiens Pelletier et Caventou qui extraient et identifient la Quinine. Il est extrait directement de l'écorce, où il est présent à raison de 2 à 15 %. A partir de ce moment, les sels de quinine sont les seuls antipaludiques utilisés. Présentés sous forme orale (en comprimés ou en sirop pour les enfants) et en ampoules injectables, ils couvrent tous les besoins aussi bien curatifs que préventifs.

 

Cependant, la quinine faisait apparaître de nombreux effets secondaires comme : le bourdonnement d’oreilles, des nausées, des vomissements, des douleurs abdominales, des palpitations, des troubles cardio-vasculaires, des crises de convulsion, des délires, de l’urticaire et parfois même le coma, des chercheurs ont essayé de créer des anti-paludiques de synthèse, ayant moins d’effets secondaires.

Vers 1930, apparaissent des produits de synthèse efficaces, ayant en commun l'avantage d'être peu onéreux et d'avoir un effet persistant qui permet des prises médicamenteuses non plus quotidiennes comme le demandait la quinine mais hebdomadaires. L'inconvénient commun de ces produits est l'apparition rapide de souches résistantes. A cette époque, deux politiques différentes sont suivies :

  • Il y a d’abord la copie des produits de synthèse fabriqués par les Allemands pendant la guerre. Dans les années 1950-1960, ces produits de synthèse, dont le coût de fabrication est très faible, tendent à remplacer la quinine d'extraction, plus chère. A cette époque, le principal anti-paludique de synthèse est la chloroquine qui donne le médicament : La Nivaquine.

  • Mais également l'introduction de cultures de quinquina en Afrique de l'Ouest (Guinée, Cameroun, Côte d'Ivoire, Congo belge). Cela explique qu'à l'heure actuelle les principaux producteurs et exportateurs de quinquinas sont l'Indonésie et la République démocratique du Congo.

L'usage de la quinine déclinera ensuite jusque dans les années 1970. C'est à cette époque qu'apparaissent des souches de Plasmodium résistant aux antipaludéens de synthèse suite à leur utilisation excessive mais encore sensibles à la quinine.

C’est à partir de cette époque que la quinine redevient à nouveau l’anti-paludéen le plus efficace, par sa rapidité d'action et la rareté des résistances. Les risques d’effets secondaires imposent cependant une surveillance.


La chloroquine (NIVAQUINE) est toujours utilisée dans le traitement et est parmi les plus maniables et les moins onéreux des anti-paludéens.. Cependant elle est inefficace face à de nombreuses souches, devenues résistantes.

Il existe également deux autres anti-paludéens de synthèse dont les caractéristiques sont assez semblables à la chloroquine : la méfloquine et l'halofantrine.



Depuis le début de son utilisation, la quinine reste donc le médicament majeur du traitement du paludisme malgré le développement des antipaludiques de synthèse.

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