La Phytothérapie

 

 

Tout d'abord, un peu d'histoire :

 

3000 ANS AVANT J-C

Premier herbier rédigé par un empereur chinois : Chi’en Nung

Une plaquette d’argile écrite par les Sumériens en 3000 av. J-C. Elle répertorie une centaine de plantes médicinales.

 

 

1500 ANS AVANT J-C

Les Egyptiens écrivent également un recueil consacré aux plantes médicinales: Le papyrus Ebers. Il fut retrouvé à Louxor par l'égyptologue Georges Ebers qui lui donna son nom. Ce recueil contient 110 pages consacrées à 150 plantes médicinales telles que la mandragore ou encore l’opium. Les égyptiens utilisaient également beaucoup les vertus de ces plantes thérapeutiques dans leurs huiles embaumantes.

 

Le Papyrus Ebers

600 ANS AVANT J-C

En Inde, le livre Sucruta regroupe 700 plantes.

 

 

250 ANS AVANT J-C : EPOQUE GRECO-ROMAINE

Ils utilisent les anciennes techniques et en créent de nouvelles. On a retrouvé d’importants écrits datant de cette époque, comme par exemple les textes d’Hippocrate , médecin grec qui a donné son nom au serment d’Hippocrate  : Le Corpus Hippocratum , qui répertorie plus de 250 plantes ainsi que leurs vertus thérapeutiques mais également environ 4000 remèdes phytothérapiques.

  

1ER SIECLE APRES J-C

L ‘ouvrage qui restera pendant 15 siècles la référence concernant la phytothérapie est rédigé par un autre médecin grec, Pedanius Dioscoride: De Materia Medica (qui est son nom latin). Il y décrit l’usage médical de 1600 produits : des plantes surtout, mais aussi des animaux et des minéraux. Il y indique leur nom populaire et décrit leur apparence, leurs vertus, comment les récolter et parfois où les trouver.

 

 

De Materia Medica

MOYEN-ÂGE

Il y a l’apparition de deux traditions :

      La théorie des signatures, c'est-à-dire qu’on choisissait les plantes en fonction de leur ressemblance avec les parties du corps humain concernées.

Exemple : La pulmonie officinale dont les feuilles sont en forme de poumon était utilisée pour soigner la toux.

 

  • La théorie de l’expérience c'est-à-dire le fait de faire des recherches sur les plantes, particulièrement dans les jardins de monastères.

 

 

XIII ème SIECLE

Londres est devenu le principal centre de commercialisation des plantes et des épices : d’authentiques plantes médicinales (et d’autres à l’origine plus douteuse) étaient en vente partout dans la ville. Les plantes thérapeutiques étaient appelées « plantes simples » et la combinaison de plusieurs d’entre elles était appelée « drogue »

 

 

XV ème SIECLE

Christophe Colomb et Vasco De Gama rapportent des plantes médicinales de leurs expéditions dans le monde comme l’Ipéca ou encore l’écorce de Quinquina.

 

 

 

XVI ET XVII ème SIECLE

L’engouement pour l’herboristerie était tel qu’il a engendré la création des premiers jardins botaniques consacrés aux plantes médicinales.

 

 

1778

Le 1er diplôme d'Herboriste fut attribué à la Faculté de Médecine de Paris.

 

DEUXIEME MOITIE DU XVIII ème SIECLE

De grands progrès ont été réalisés dans la connaissance des plantes, grâce au botaniste Carl von Linné (1707-1770) (qui a mis au point une nouvelle nomenclature des plantes qui a facilité leur identification exacte) et au chimiste Carl Wilhem Scheele (1740-1786)

 

 

FIN DU XIX ème SIECLE

Les plantes étaient le principal moyen de guérison et le restèrent jusqu'à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

Cependant, les avancées scientifiques remplacèrent les plantes par des médicaments de synthèse, ce qui permettait de les rendre plus facilement accessibles par tous. C’est en effet à cette époque que les scientifiques réussirent à isoler la morphine provenant de l’Opium, la quinine provenant de l’écorce de quinquina ou encore la caféine provenant quant à elle du caféier et également présentes dans différentes plantes où elle joue un rôle de pesticide . En 1920 également, le premier antibiotique a été découvert : c’est la pénicilline qui est produite par un champignon microscopique : le penicillium notatum.

 

 

1941

Le diplôme d’herboristerie fut supprimé par le maréchal Pétain, sous le gouvernement de Vichy. A cette époque on comptait un peu moins de 5000 herboristes. Ce diplôme n’a pas été rendu illégal dans tous les états, il est par exemple toujours d’actualité au Canada. Si la France ne compte que très peu d’herboristes actuellement, ce n’est pas le cas de l’Italie ou encore de l’Allemagne où ils se comptent en milliers.

 

 

XXI ème SIECLE

La phytothérapie est beaucoup moins utilisée que dans les siècles précédents, mais connaît un regain d’intérêt cette dernière décennie, due à une augmentation de l’intérêt la relation homme/nature. Il existe désormais un diplôme universitaire de phytothérapie (DUMENAT) réservé aux médecins, pharmaciens et vétérinaires que l’on peut notamment obtenir à la faculté de médecine Paris XIII.

 

 

La cueillette des plantes.

 

Pendant des siècles, l’homme a cueilli des plantes à usage médicinal à l’état sauvage. Cette pratique n’est plus possible de nos jours pour deux raisons:

  • Les cueillettes répétées épuiseraient très rapidement l’espèce sauvage.

  • L’obligation d’obtenir des variétés bien définies pour des raisons d’efficacité et de sécurité n’était pas compatible avec le hasard des croisements et des mutations dans la nature.

On pratique donc la culture des plantes médicinales qui obéit à des règles strictes:

  • Choix précis de l’espèce botanique

  • Sélection de terrains sans pollution

  • Maitrise parfaite de la culture, pour qu’il n’y ait aucun événement étranger.

La conservation est adaptée à chacune des plantes médicinales. Ensuite, les plantes sont analysées selon des procédés modernes: vérification de la teneur en principe actif, recherche de l’absence de pesticides, etc…

 

 

Transformation des plantes

 

Il existe différentes manières de transformer les plantes médicinales pour un usage phytothérapique, et en récolter ainsi les principes actifs.

 

  • En salade

  • En tisane : (récupère environ 10% des principes actifs) Infusion où l’on verse de l’eau chaude sur une petite quantité de feuilles, de fleurs ou d’herbes de la plante choisie en laissant infuser quelques minutes (entre 5 et 7 minutes).Tout au long de la préparation, il faut couvrir la tisane pour que les principes actifs ne s’échappent pas. Cette technique est nécessaire si l’on utilise les parties fragiles, nobles de la plante (telles que les fleurs).

  • En gélules : Des procédés plus récents permettent de fabriquer des poudres, obtenues par un broyage classique ou par cryobroyage. Le cryobroyage consiste à pulvériser la partie active de la plante sèche en la broyant à froid sous azote liquide à –196°C. Cette technique est très efficace puisqu'elle permet la conservation intacte des différents principes actifs par opposition à la chaleur qui détériore certaines substances volatiles, certains enzymes et certaines vitamines.Cependant l'équipement étant très cher, cette technique reste très peu développée. Les poudres obtenues peuvent ensuite être conditionnées sous forme de gélule.

  • Grâce à la macération : On traite pendant un temps plus ou moins long, une plante par un liquide extracteur tel que  de l’eau froide, de l’alcool, ou encore de l’huile pour en obtenir les principes actifs. La préparation est semblable à celle de l'infusion.

  • ©Grâce à la distillation: (récupère environ 80% des principes actifs) S’utilise sous forme de gouttes d'huiles essentielles en usage interne ou externe. On fait chauffer les plantes dans de l'eau, sous l'effet de la chaleur de la vapeur est libérée qui est ensuite transformée en distillat par la condensation.

 

La méthode la plus courante en phytothérapie est donc l’ingestion mais on peut également utiliser d’autres méthodes :

  • Par bain de bouche

  • Par fumigation ou sous forme de cigarettes à fumer

  • Par application sur la peau : lotion ou cataplasmes

  • Par le bain de tout ou de certaines parties du corps

  • Par injection ou encore par lavement

 

 

Dangers et précautions à prendre

 

Cependant, de nombreuses plantes sont toxiques et peuvent facilement être confondues avec d’autres plantes aux vertus bénéfiques. De plus, le dosage est très important.Une plante peut devenir très dangereuse en sous dosage ou en surdosage.Il faut également faire attention aux mélanges entre plantes et médicaments qui sont très fortement déconseillés.

Les gélules sont la forme de phytothérapie à utiliser avec le plus de précaution. Elles contiennent l’intégralité de la plante, c’est pourquoi il faut prendre des mesures de sécurité plus importantes que pour les tisanes et d’autres formes d’utilisation qui en principe ne contiennent que les substances hydrosolubles de la plante. Il est en effet possible qu'elles conduisent à l'absorption de substances toxiques ou à des concentrations trop élevées en principes actifs. C'est pour cette raison que la réglementation en vigueur en France demande, dans le cas des médicaments à base de plante qu’on appelle phytomédicaments, ou médicaments de phytothérapie doivent subir une expertise toxicologique minimale avant d’être mis sur le marché. En effet, aujourd’hui 5% des empoisonnements sont dus à une mauvaise préparation de plantes médicinales.

Il faut donc toujours consulter un spécialiste.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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